
Noël au cinéma – Les Christmas Movies
C’est Noël : à la télé, au supermarché, dans la publicité, partout. Et il y en a surtout un qui ne se prive pas, c’est le cinoche.
Les sorties de films épousent toujours plus ou moins un certain calendrier saisonnier. D’abord il y a la météo, avec sur les deux prochains mois l’intégralité des derniers films où il neige (et Madagascar 3 annoncé pour juin prochain). Ensuite il y a un petit planning habituel qui fait que niveau sorties, GÉNÉRALEMENT :
- en été, tu te feras chier, mais de toute façon, en été on ne va pas au cinéma,
- pendant le reste de l’année, on s’amuse au gré des vents et de l’inspiration du moment, avec un pic au printemps parce que Oscars, César, festivals de tout poil, semaine Télérama, printemps du Cinéma, fête du Cinéma, et autres jongleries.
Et enfin il y a des sortes d’événements culturels en tout genre qui rythment l’année et dans lesquels systématiquement, le ciné essaye de tirer son épingle du jeu. Parmi lesquels la Saint Valentin (horreur), Halloween (amour), et surtout, surtout, Noël. Quand c’est Scorsese qui s’en charge, je me dis qu’il faut remettre les pendules à l’heure, alors allons-y, faisons un petit tour du propriétaire.
Pour commencer, saluons la vraie volonté de renouveler la programmation télé pendant les fêtes, ou presque. Donc pour résumer, l’intégrale des dessins animés Astérix.
Mais aussi un petit Louis de Funès des familles.
Et puis, un film français avec « Père Noël » dans le titre. Ah bah y en a qu’un.
Mais, ça, c’est pour ce que bassine la télé. À partir de l’âge où on ne sèche plus le repas du 24 pour la regarder, on passe plus ou moins à côté de cette programmation un poil redondante. Non, l’affaire qui nous préoccupe aujourd’hui, c’est plutôt ce qui passe au cinéma pendant le mois qui précède le réveillon. Avec généralement trois, quatre films qui se disputent leurs points magie-de-Noël. Voilà une poignée d’entre eux qui mérite qu’on s’y penche, soit pour régresser un petit coup, soit parce qu’ils sont réussis, soit pour se moquer parce qu’on est méchants. On passera sur la tripotée de films très faciles à confondre impliquant un enfant qui croit au Père Noël envers et contre tout, mais qui en fait avait raison, et dans la foulée, résout un conflit familial (donc tout ce qui est Hyper Noël, etc.).
The Holiday : le film de Noël pour trentenaires
Ce qui est amusant dans The Holiday, c’est que tous les ingrédients du film de Noël sont là sans que le film s’en revendique véritablement, puisqu’il s’agit d’amener un public en crise de la trentaine dans le même cocon rouge, vert et enneigé sans le mettre en face de l’aspect régressif de la chose (ce qui pourrait le froisser). Le film s’acharne constamment à déguiser les petits pots en plats cuisinés, et déporte l’univers de Noël dans un environnement de yuppie pré-adulte vaguement friqué.
Une petite mention au seul élément drôle du film, c’est que Cameron Diaz joue une réalisatrice de bande-annonce, ce qui lui donne une tendance à faire des trailers dans sa tête sur ce qui se passe dans sa vie et à s’emballer un peu. Ça donne quelques scènes vraiment drôles, je leur accorde.
Home alone est un film puritain
Alors avant toute chose, je ne veux pas cracher dans la soupe. J’adore les films de pièges. La simple excitation de voir Kevin concocter un par un tous les traquenards (un synonyme de « piège » moins ringard sera le bienvenu, merci) dans lesquels tombera notamment Joe Pesci, au cas où vous auriez oublié, c’est une simple et très honnête jouissance. Et il n’y a rien de mal placé à ça.
C’est d’ailleurs ce que la plupart d’entre nous retiendront du film (et de sa suite, moins limitée au dernier quart d’heure que dans le premier volet) mais attention, Home alone recèle d’autres aspects moins reluisants. C’est un film bourré de valeurs très vieillottes, ou entre autres, le héros est un petit garçon tiraillé entre sa soif d’autonomie et son cocon familial. Et qui s’abandonne finalement à l’écrasement de ce dernier, très docilement, comme si quelques jours de licence absolue n’avaient été qu’un égarement.
Je suis très gêné, ayant revu récemment le film, par les scènes de retrouvailles avec la maman, mais aussi celles où il rencontre son vieux voisin inquiétant. Ça n’enlève rien à l’éclate de la fin, mais foncièrement le reste est bercé d’un bon vieux puritanisme à l’américaine très esprit-de-Noël, moins esprit-de-la-modernité.
Hook est un vrai film sur l’enfance perdue
Avec Spielberg aux manettes, Hook raconte l’histoire (un peu sortie du chapeau, et un peu cheap aussi) de Peter Pan qui a grandi, tout oublié, et est soudainement rappelé au Pays Imaginaire pour renouer, grosso modo, avec l’enfant en lui.
Il passe l’essentiel du film avec les enfants perdus à essayer de se réconcilier avec ça, tout en étant en fait en train d’essayer de retrouver sa paternité (Crochet lui kidnappe ses deux enfants mignons et décoratifs). Hook a un côté ultra ludique et absurde (petits blacks obèses qui roulent, crocodiles géants…) qui en rebute certains, et dans un registre qui dépasse même parfois les frontières de l’enfance.
Du coup, vous avez peut-être oublié que Clochette grandit le temps d’une scène pour rouler un patin à Peter. On me dira que c’est un peu tiré par les cheveux, mais je ressens vraiment la partie Pays Imaginaire de Hook comme une sorte de cure mentale forcée, dont on ne comprend pas bien si c’est juste un rêve, un trip, une évasion du film, mais dans tous les cas, quelque chose dont l’importance est toute intérieure (et pas un argument de film d’aventures).
Comme si Spielberg laissait planer un léger doute sur la réalité des événements, pour ne pas lâcher totalement la plausibilité d’un simple voyage mental curatif qui ramène le candide Peter à la vie. Et puis il y a une scène qui va totalement dans mon sens (autrement elle est même complètement inutile), c’est l’adieu de Clochette à Peter, qui lui dit (mes aïeux que c’est beau) que « dans ce moment entre le rêve et l’éveil, où les deux se confondent, elle sera toujours là pour l’attendre ». Vous reprendrez bien une tranche d’onirisme ? Revoyez Hook.
Il y en aura évidemment d’autres, et je vous laisse vous replonger joyeusement dans les classiques de votre enfance. Les films de Noël sont une valeur sûre en terme d’atmosphère, même si certains laisseront un petit goût de déception, les années ayant passé. Mais un petit Gremlins de derrière les fagots ne fera de mal à personne.
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