
La PEUR du téléphone
La phobie du téléphone. Comme bon nombre de gogos de notre génération, Le Reilly a la trouillasse du bigophone. Retour sur ce sympathique boulet à traîner.
Depuis trois bons mois, un de mes manuscrits doit traîner chez Albin Michel. Du moins j’espère. S’est-il transformé en cale pour vieux bureau ou combustible pour l’hiver, toujours est-il que mon texte ne m’a pas encore valu de réponse.
L’heure de la relance était venue. N’écoutant que mon courage, qui ne me disait rien, je suis parti chercher l’email du secrétariat. Mais ces petits malins de chez Albin ne donnent pas leur adresse. Par contre, leur numéro, oui. Il fallait appeler. Alors j’ai regardé mon téléphone un moment, puis je suis allé me plaindre sur Twitter que je n’avais pas le courage de passer un coup de fil. J’AI PEUR.
Au final c’est un ami qui, lisant ma détresse, a passé l’appel pour moi. Ce qui prouve deux choses : que je ne mérite pas mes amis qui sont trop bien pour moi et que je suis un tocard pathétique.
Je pensais que ça passerait avec l’âge, ma phobie du téléphone. Je pensais qu’un jour j’aurais le déclic. Enfin, je pourrais décrocher et composer le numéro du lieu de mes vacances, du proprio de mon appart’, d’un recruteur ou d’un éditeur. Et pourtant je me retrouve à planter, sur un délai qui va d’une dizaine de minutes à plusieurs semaines. Quand je peux, je préfère me déplacer. M’enfiler 45 minutes de métro jusque chez Albin pour poser ma question me semblait presque rentable. C’est dire les tréfonds de ma névrose.
En cours de communication, on apprend que près des trois-quarts de la communication est non verbale. On gigote, on se tortille, on cligne de l’œil, on kung-fu des mains. Quand je suis à l’aise dans la discussion, c’est avec l’intégralité de mes possibilités d’expression. C’est aussi en glanant le maximum d’informations du comportement de mon interlocuteur. Le téléphone me prive d’une bonne part de tout ça. Je ne vois pas son visage lorsque je lui adresse la parole (je dérange ? je surprends ? je fais plaisir ?), je n’arrive pas à lier son timbre à un physique, je ne peux pas dire tout ce que je bouge. En somme, je pars avec un handicap, version meurtrie et moindre de moi-même. Et comme j’ai toujours quelque chose à demander, je pars avec cette béquille supplémentaire, celle d’être celui qui a besoin de l’autre.
Bien sûr que c’est absurde. Bien sûr qu’à moins d’être vraiment mal tombé (ou un gros con), on ne va pas se mettre l’autre à dos en trois phrases. Je sais que le téléphone c’est direct, que la chaleur de la voix aura plus d’impact que n’importe quel mail. Mais à l’écrit, j’ai l’impression de maîtriser beaucoup plus. C’est une histoire de mise en danger.
Au final, la secrétaire, visiblement gavée d’office (JE LE SAVAIS !) a répondu à mon pote d’attendre 4 mois avant de râler. D’après mes calculs, ça veut dire que je dois reprendre des nouvelles dans un mois.
Ça veut dire que je vais devoir rappeler.
Le 09/01/2012 à 01h03
J'avais cette "phobie" avant aussi, j'avais des problèmes d'élocution car étant plus jeune, j'avais beaucoup moins le réflexe d'avaler ma salive que les autres donc quand je parlais j'avais du mal à articuler (bon je vous rassure je cracher pas ou je bavais pas non plus ahah).Mais ayant un job "étudiant" où mon activité principale étant de répondre au téléphone pour faire des devis d'assurance avec des gens qui viennent d'acheter une voiture et leur vendre des produits d'assurance depuis un an maintenant, je suis très vite passer outre ce problème et je peux dire que je sur-articule maintenant par rapport aux autres !
Merci patron (ou plutôt patronne en l'occurrence)
Le 09/01/2012 à 01h41
Aha, j'avais une énorme phobie avant, et j'ai travaillé dans un call center...Le 09/01/2012 à 02h07
*empathie*
Le 09/01/2012 à 02h10
*empathie*
Le 09/01/2012 à 10h35
Le 09/01/2012 à 11h17
Le 09/01/2012 à 11h32
bof(contribution très utile)
Le 09/01/2012 à 12h20
(contribution très utile)
Le 09/01/2012 à 13h20
Pour moi c'était vraiment l'horreur au début. Il faut dire que je me suis fait insulter au bout de deux jours, alors que j'ai été formé en une demi-journée (seriously ?).